| Il était une fois le bain |
|
|
|
|
LE BAIN : HYGIÈNE ET PLAISIRS Autrefois uniquement réservée à l'élite, l'hygiène se démocratise dans les pays développés à la fin du XIXe siècle, avec le développement et la maîtrise des réseaux de distribution d'eau. L'arrivée de l'eau courante dans les maisons est assez récent puisque la généralisation des réseaux de distribution d'eau potable ne remonte qu'à quelques dizaines d'années. La mise en œuvre de systèmes d'évacuation des eaux sales, l'installation d'équipements et de salles de bains ont été possible grâce au progrès économique, le développement des adductions d'eau et l’évolution des comportements. L'usage du bain était déjà répandu dans les plus anciennes civilisations humaines. On retrouve en effet sa trace chez les Egyptiens, les Hébreux, les Assyriens, les Perses ou les Chinois. Dans la plupart des cas, le bain était intimement lié aux préceptes religieux et à la symbolique purificatrice de l'eau. L’ANTIQUITÉ : LE CULTE DU CORPS ET DU BIEN-ÊTRE Dans la civilisation grecque, le bain avait une place spécifique dans la vie sociale. Ainsi, des salles de bains existaient en Grèce, plusieurs siècles avant notre ère et les écrits grecs parvenus jusqu'à nous font référence à des scènes de bains dans la vie quotidienne. Les établissements de bains grecs étaient des lieux où l'on pouvait se retrouver pour s'adonner à l'exercice physique, se restaurer et discuter de sujets philosophiques. A Rome, l'existence de thermes fut d'ailleurs facilitée par le fait que les ingénieurs romains maîtrisaient déjà bon nombre des principes de l'hydraulique et de la distribution d'eau. On peut encore aujourd'hui admirer à Rome les ruines des thermes de Dioclétien et, celles, monumentales, des thermes de Caracalla.
Les thermes romains, gratuits, mêlaient toutes les couches de la population et constituaient, avec les jeux du cirque, l'une des principales sources de loisirs offertes aux citoyens de Rome. Le passage aux thermes était un moment privilégié de la journée du citoyen romain, qui s'y rendait fréquemment l'après-midi, après son travail.
Chiffre édifiant : la consommation quotidienne d'eau par habitant s'élevait environ à 1 000 litres dans la Rome antique... contre environ 200 litres en France, de nos jours.
LE MOYEN-ÂGE, MAUVAIS ÉLÈVE DE L'HYGIÈNE ? Le Moyen-Âge a mauvaise réputation, du point de vue de l'hygiène. Pourtant, héritier de l'époque romaine, il connaissait également le bain et les latrines. Se laver, se baigner, était une habitude dans les villes du Moyen-Âge. On allait alors "aux étuves". Si, pour l'essentiel de la population, il s'agissait avant tout de se nettoyer, certains y recherchaient également la volupté qui caractérisait les thermes antiques. LA RENAISSANCE : ARTIFICES CONTRE PROPRETÉ
C'est à la Renaissance que le recours aux bains commence à décliner. D'une part, les établissements de bains ont mauvaises réputations :
Par ailleurs, les parfums, poudres et autres pommades, venus d'Italie sont beaucoup utilisés. Plutôt que d'éliminer la saleté, on en camoufle l'odeur sous plusieurs artifices. L'AVÉNEMENT DE L'HYGIÈNE MODERNE Ce repli progressif de l'hygiène corporelle perdurera jusqu'à la fin du XVIIe siècle. Dans les années 1770, Paris ne comptait plus que 9 établissements de bains. Ce n'est qu’à la fin du XIXe siècle, que l'hygiène commença réellement à reprendre ses droits mais l'ampleur de la tâche était conséquente : en 1850, un Français prenait en moyenne un bain tous les deux ans. L’amélioration progressive de l'hygiène permet un allongement de l'espérance de vie. Dans le domaine de l'eau, les nouvelles préoccupations sanitaires ont contribué au développement des adductions d'eau, de l'évacuation des eaux usées, du traitement de l'eau potable et encouragé l'hygiène corporelle. La culture de l'hygiène est peu à peu diffusée, à partir de la fin du XIXe siècle, par le corps médical, l'armée et les différents mouvements syndicaux.
Les symboles de notre hygiène vont peu à peu se répandre dans la population.
Le saviez-vous ?
Depuis les années 60, la majeure partie de la population française possède une salle de bains avec lavabo, bidet, douche et/ou baignoire. Par ailleurs, il a longtemps fallu lutter contre de nombreux préjugés. Premièrement, dans une société majoritairement rurale, beaucoup pensaient que la saleté constituait une protection contre l'intrusion des maladies. Le bain était plutôt considéré comme une forme d'agression du corps, voire une menace pour la santé. De plus, une odeur forte, pour les hommes, était considérée comme un signe de puissance.
|





S'abonner au Flux RSS du C.I.Eau