L'eau au quotidien

Le changement climatique PDF Imprimer Envoyer

ET DEMAIN, VERS UN RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE ?

Identifier les conséquences environnementales et humaines régionales des changements climatiques est difficile, car l’occupation humaine sur un lieu dépend souvent de précipitations tombant sur des zones éloignées, voire très éloignées, les transferts d’eau se faisant par les cours d’eau. C’est le cas de l’Egypte ou de la Mésopotamie, régions peu arrosées, où les premières civilisations se sont développées et où des populations importantes subsistent encore aujourd’hui, grâce aux apports du Nil d’une part, du tigre et de l’Euphrate d’autre part.

De telles zones peuvent ainsi subir l’impact de changements climatiques touchant les zones d’altitude où les fleuves s’alimentent. Ainsi, l’étude des précipitations moyennes a peu de signification car les variations saisonnières (période de sécheresse et d’inondation) très marquées rendent difficile l’utilisation de l’eau.

Les pays de mousson et le pourtour méditerranéen connaissent également ces grands écarts entre saisons des pluies et saison sèches.

Comment ces zones vont-elles réagir au réchauffement planétaire probable en cours ?

En fait, les évolutions ne sont pas uniformes selon les régions. Contrairement aux projections de température, les modèles de prévision des précipitations donnent des réponses contradictoires dans de nombreuses régions, d’un extrême à l’autre parfois. Mais il apparaît probable que les modifications seront sensibles sur une majeure partie des terres émergées même si le sens de variation pose encore de nombreuses questions. En première ligne, les Etats-Unis (y compris l’Est), l’Inde, l’Europe, la Chine n’échapperont pas à ces changements. Les difficultés d’accès à l’eau douce vont probablement s’accentuer ne serait-ce qu’en raison de l’augmentation prévue de la population dans les zones où l’eau est déjà rare. L’Europe ne sera pas non plus épargnée.

La France est-elle en train de devenir plus nettement méditerranéenne ?

Malgré les incertitudes, tous les modèles de prévision hydrologique indiquent que la très grande variabilité des précipitations ira en s’accentuant dans de nombreuses régions, ce qui va créer ou accroître les problèmes d’eau et rendre les « extrêmes » plus fréquents.

Allons-nous manquer d'eau ?

 

Les questions concernant les réserves sont importantes. Il faut voir que nous vivons pratiquement toujours sur l’eau qui arrive au moment même. Nous ne vivons pratiquement pas du tout sur les réserves. Les réserves sont éventuellement exploitées dans certains pays très arides comme le Sahara où se trouvent des réserves d’eau fossiles, presque fossiles dans des grandes nappes en profondeur. 

C’est aussi le cas dans quelques États des Etats-Unis, l’Amérique du Nord, les Etats-Unis centraux. Il existe un grand aquifère nommé l’Ogallala que les Américains ont peu à peu vidé en pompant toutes les ressources, tous les réserves plus vite que l’aquifère n’est rechargé par la pluie. Dans ce cas précis, on vit sur les stocks. 

Mais en France ? En France, aucune réserve n’est épuisé chaque année, nous avons de l’eau qui se renouvelle, qui coule dans les rivières, ou qui est stockée dans les aquifères.

Et bon an mal an les aquifères se reconstituent chaque année et le stock est renouvelé donc on ne vit pas sur un stock que l’on exploite : on vit sur le flux annuel.

Évidemment, quand il se produit une période pendant laquelle il ne pleut pas pendant très longtemps, comme en 2011 et bien ces stocks temporaires, ces nappes qui alimentent les rivières quand il ne pleut pas, finissent par s’écouler moins vite, et donc on a de moins en moins d’eau.

Ceci est vraiment provisoire et jusqu’à la reprise des précipitations à l’automne suivant, et bien on va manquer d’eau.

Mais c’est une variabilité interannuelle des ressources qui nous arrivent chaque année : ce n’est pas un épuisement des stocks.